Revers à une main : quel avenir ?

Le revers à une main, la marque des champions ?

Lorsqu’on observe l’évolution du tennis ces dernières années, l’une des conséquences de la place de plus en plus prépondérante de la puissance dans le jeu, c’est la domination du revers à deux mains sur le revers à une main, du moins si l’on regarde les chiffres. En effet, si l’on regarde le « top 50 » aujourd’hui, on trouve 12 joueurs avec un revers à une main et seulement 2 joueuses (Vinci et Suarez Navarro)…

Les amateurs du beau jeu ne manquent pas de le regretter, car un bon revers à une main est un délice à regarder, par la fluidité et la grâce qui s’en dégagent, lui donnant une apparence de facilité alors qu’il est au contraire la marque d’une technique parfaite. Admirons Roger Federer, Stan Wawrinka, Richard Gasquet… Et avant eux Pete Sampras ou Stefan Edberg… Que ce soit au niveau du placement ou du geste, de la préparation à l’extension, on imagine en effet le talent qu’il faut pour renvoyer à une main une balle frappée à pleine puissance, sans trembler. Le revers à une main est la marque des champions disent certains, non seulement pour son esthétique, sa difficulté, mais aussi parce qu’en donnant plus d’allonge, il donne plus d’angles de frappe. Laissant plus de place au toucher, il permet aussi une plus grande variété de coups (notamment le revers coupé, qui est difficilement un coup d’attaque si on le joue à deux mains).

D’ailleurs, il semble que la prépondérance du revers à deux mains sur le revers à une main va de pair avec une certaine uniformisation du jeu : puissance, fond de court, peu de volées sauf pour conclure et souvent le service et le coup droit comme coups forts… Cela est particulièrement visible sur le circuit féminin, où le jeu s’est beaucoup uniformisé ces dernières années, les montées à la volée encore plus rares que chez les hommes, et le revers à une main quasiment absent.

Pourquoi le revers à deux mains a-t-il pris le pas sur le revers à une main ?

Tout d’abord les raquettes, qui se sont allégées, ont vu en parallèle leur tamis s’élargir, ce qui les rend plus permissives et favorise la puissance et/ou le lift. Or, le revers à deux mains, avec son geste court et sa prise plus ferme permet de s’opposer plus facilement à une balle puissante ou très liftée. L’uniformisation des surfaces, pour limiter la domination des serveurs/volleyeurs sur surface rapide, a encore accentué la régression du jeu vers l’avant, les attaquants volleyeurs laissant place à des les « attaquants » de fond de court, généralement plus en puissance qu’en toucher. Les enfants débutent d’ailleurs souvent à deux mains par manque de force et ce n’est pas forcément facile de changer par la suite… Surtout si personne ne vous éclaire sur cette possibilité !

Pourtant certains des plus beaux revers à une main ont commencé à deux mains et ont fini par changer pour élargir leur palette de coups : Sampras, Edberg et plus récemment, Thiem, qui dit lui-même que c’est la meilleure décision qu’il ait prise pour sa carrière.

Le revers à une main est-il de retour ?

Pourtant, aujourd’hui de nouveaux joueurs apparaissent qui utilisent le revers à une main. Chez les filles, il n’y a guère que Daria Gavrilova dans la nouvelle généréation, mais chez les hommes on peut citer Grigor Dimitrov, même s’il n’a pour l’instant pas vraiment réalisé les espoirs placés en lui, Dominic Thiem qui semble bien parti pour squatter le top 10 (et peut-être mieux) les prochaines années, mais aussi Denis Shapovalov, à peine 17 ans, mais qui commence à faire parler de lui sur le circuit.

Enfin, il ne faut pas oublier Juan Martin Del Potro, qui après de multiples opérations au poignet droit, alterne désormais entre revers à 2 mains frappé et revers à une main slicé… Et ça lui réussit plutôt bien depuis le milieu de l’année, non ?

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